Quand j’suis pas d’humeur, ça me met de bonne humeur d’écrire mes humeurs. (non ne me remercie pas)
Mais aussi quelle série variée de liqueurs ou de boissons venait en aide à cette alimentation indigeste ! Quels cris excitants, quelles vociférations engageantes retentissaient dans les bar-rooms ou les tavernes ornées de verres, de chopes, de flacons, de carafes, de bouteilles aux formes invraisemblables, de mortiers pour piler le sucre et de paquets de paille ! « Voilà le julep à la menthe ! criait l’un de ces débitants d’une voix retentissante. — Voici le sangaree au vin de Bordeaux ! répliquait un autre d’un ton glapissant. — Et du gin-sling ! répétait celui-ci. — Et le cocktail ! le brandy-smash ! criait celui-là. — Qui veut goûter le véritable mint-julep, à la dernière mode ? » s’écriaient ces adroits marchands en faisant passer rapidement d’un verre à l’autre, comme un escamoteur fait d’une muscade, le sucre, le citron, la menthe verte, la glace pilée, l’eau, le cognac et l’ananas frais qui composent cette boisson rafraîchissante. Aussi, d’habitude, ces incitations adressées aux gosiers altérés sous l’action brûlante des épices se répétaient, se croisaient dans l’air et produisaient un assourdissant tapage.
extrait du roman De la terre à la lune – Jules Verne (1865)